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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 14:24

Sur le mot «Azur(s)», ainsi tourne la ronde :

 

Gilbert écrit chez Jacques http://2yeux.blog.lemonde.fr  qui écrit chez Hélène  http://louisevs.blog.lemonde.fr/ elle même chez Franck http://quotiriens.blog.lemonde.fr/ qui est chez Elise http://mmesi.blogspot.fr/ hébergée chez Dominique  http://dom-a.blogspot.fr/ , Dominique que j’accueille ici avec joie !

Quant à ma proposition, elle est chez Gilbert http://gilbertpinnalebloggraphique.over-blog.com/

 

Et la boucle est bouclée !

 

 

 

« Une plaine indéfinie de betteraves m’isole du monde en une bonbonnière

 Second empire que peuplent ma belle-mère, ma femme et mes enfants. »

(Mauriac, lettre à Proust du 10 juillet 1921)

 

 

---

 

 

Autant dire qu’on avait fait le tour du propriétaire, sa verdure, ses bosquets et ses prés carrés.

 

« Tous les oiseaux sont des prophètes » répondit un jour — paraît-il — Olivier Messiaen (à celui qui s’était levé de bonne heure ?)


azurs-autrou (2)

azurs-autrou (3)

azurs-autrou (4)

 

 

Pour mieux les voir, il fut question d’agrandir une fenêtre, mais du point de vue architectural c’eût été une trahison. Aussi cette facilité fut écartée au profit d’une migration, solution plus respectueuse à défaut d’être aristocratique (car nous étions en temps de paix).

 

azurs-autrou (5)

 

 

— Avez-vous pensé aux commodités ?... interrogèrent quelques poètes égarés sur leurs voies pourtant bien parallèles.

— Évidemment, non, leur fut-il répondu, sinon à quoi bon ciseler ses journées, polir ses heures, tel un orfèvre achéménide. Que deviendrait le ciel de lit, si l’orage ne le mouchetait pas sitôt l’averse épandue. Quid des ombres, rais, murmures, azurs, et soupirs entendus ? Voudriez-vous qu’on abdiquât, à la manière de l’orant accroupi ? Mieux vaut mourir en vol. 

— Qui parle de mourir ?

— Vous.

(réponse cavalière, certes, mais nous n’avions pas de temps à perdre en mésintelligence)

 

photo-9

 

Ainsi a-t-on marché encore quelque temps ensemble. Il y avait du plaisir à vivre. Et puis, je crois me souvenir d’une déviation, une torsion, un accident de ce genre.

L’un de nous deux est resté seul.

Il a fallu s’employer à atténuer, autant que faire se peut, les soubresauts des terminaisons nerveuses. Dénouer les derniers mots.

 

Dans la cabane il y avait peut-être une autre fenêtre, avec vue.

 

fenetreavecvue

 

 

 

Prochaine ronde le 15 septembre...

 

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Published by Céline Gouel
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commentaires

Gilbert Pinna 16/06/2014 19:28

(...agrandir une fenêtre est une affaire impossible, si j'ai bien retenu les leçons des chantiers fréquentés)

Dom A. 16/06/2014 09:41

Merci pour vos passages ! Mauriac termine sa lettre en écrivant: « Je vous souhaite un été heureux et vous serre avec affection les mains » (Lettres d'une vie 1904-1969, chez Grasset)

louise blau 16/06/2014 07:39

inimitables, oui, ces textes entre je et nous, jeu et absurde, cette citation de Mauriac que l'on pourrait penser — espérer, je n'aimerais pas être la belle-mère — apocryphe, cette tension entre
réel et imaginaire. Et puis, sacré bestiaire, ces visions de volatiles dans la brume, d'un lion de grès rose presque alsacien arroseur arrosé empalé sur sa gueule rugissante et dévorante, pour
enfin aboutir sur du verre frappé de lumière et de couleur... Quant à cet espace d'abandon, salle commune d'hôpital ou d'asile, réfectoire ou couvent, château, caserne ou lycée, univers kafkaïen
(comme on dit) d'un personnage errant solitaire dans un monde qui fut collectif. Un univers à facettes multiples.

Dominiqe Hasselmann 16/06/2014 06:14

Sans doute un messianisme en escadrille.

patrick verroust 15/06/2014 15:25

Une interrogation diffuse parcourt l'espace autant que l'intérieur....Les mots finaux se nuent de fils à haute tension...Lignes électriques, en résumé!

Esquisses De Qui ?

  • Céline Gouel

Texte Libre

Quelqu’un de bien a dit « ce n’est pas le temps qui nous change, ce sont les gens et les événements qui nous rentrent dedans. »…
Parfois on se rentre vraiment dedans.
Après, tout dépend de l’impact,
Et du temps.