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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 14:21

 

Le blanc et les arbres,

Ce quartier n’est pas rouge

Mais de marbre,

Il dort.

 

Pourtant la lumière perce

Un air suspendu

Qui flotte sous l’oeil tendu

Gobant un hameçon invisible à l'oeil nu

A pêcher des rumeurs de rue

 

Entre principes de précautions

Suspicions 

Et toutes peurs

Toutes soeurs 

La richesse humaine est palpable

Toute proche,

Elle s’échappe des porches

Comme du sable.

 

Pas de mélange de cultures

Mais voisins côte à côte

Se partageant l’espace en clôtures

 De clans

Compartiments des continents.

 

Sous quelle pression l’interdiction fait mur ?

Qu'est-ce qui empêche tant les fenêtres

D'ouvrir à l’autre envoyé paître

Sans clés

La voie de simples civilités ?

 

Bâtons dans la roue

Des codes de vie commune

 

Est-ce l’orgueil qui tue

La si fragile paix ?

L’impact d’images épileptiques

Qui tiennent les âmes sceptiques

D'une poignée de main

D'hommes à humains ?

 

Tous se croisent en peu de mots 

En regards d’habitants habitués aux visages. 

Scrutés comme des paysages

Dans cette Cité de glace sans teint

 

Les chemins quotidiens

Suivent bien

Les cloisons intérieures

Et l'on voit des portes marcher

Une clé dans leur gorge nouée

Un thé parfumé derrière la poignée.

 

Mais sous prétexte d’écrire

Cherchant les sens

Sous les multiples langues

Hors de toute convenance

Surviennent naturellement

 

Des rencontres 

De vrais mots

Et des rires.


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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 21:36
Un mot : FIL(s)
Une ronde qui danse où des fils se tricotent ici dans ce sens :

chez Dominique A http://dom-a.blogspot.fr/ 
             Je remercie Elise de m'héberger pour mon tricot,
             et suis émue de publier la proposition de Cécile pour ses échos en image
             dont le fil est bien connecté !!....

 

Sans A

 

Si rien ne pousse 

Roule vers une cime

D’où l’on tend des rimes

Sur des fils dessus le vide.

 

photo 1


Sans E

 

Pic pointu 

Un pouls bat 

Du sang froid

Frisson

Pulsion

Instant nu

 

photo 2


Sans I

 

La chouette hulule 

Le vent mène son écho

Poussant vers mon front 

Le seul son perçant le néant du monde en arrêt

Quand tout dort sauf les forêts 

 

photo 3


Sans O

 

Un reflet sur une nappe

Transparente le happe

Et les plis glissant en vagues

Créent une bulle sans teint

Et l’encercle à jamais

Dans une image abstraite

De sa pauvre et plate tête

Qui fuit le courant des autres

 

photo 4


Sans U

 

Le rire résonne

Je cherche le coin

De ce plein 

De pleine vie

Espaces morts de ma mémoire

Mais je connais cette personne 

Et sans prévenir, le rire de loin se rapproche

Ma parole il se rit de moi et s'accroche

C’est le miens.

 

photo 5

 

 ( texte Céline G "Ou Li Po" - Photos Cécile R )

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 23:26

Actualités de toutes parts, greniers à mémoires,

Peurs du noir et des monstres du placard

Portes qui grincent et cris de chouettes dans la nuit des cauchemars...

Je suis une éponge, j’absorbe. Cette sensation que tout entre. 

Brutale intrusion dans mon cocon ouaté, violentes agressions que je bois tel un poison 

Que je garde en bouche refusant d’avaler. 

Je veux cracher, 

Sur tout ce qui m’abime les pensées, 

Le bon sens n’a-t-il plus sa raison

De croire en de telles atrocités et l’impossible abandon de toute cruauté, 

Les toutes vanités puantes d’orgueils malsains ne sont que boues gluantes

Où les prétextes à furies meurtrières collent aux âmes méfiantes

Les traînant dans le sang ou la honte ou l’exil où le prix

Hausse l’ergot des faiseur de profits

Je veux cracher,

Sur les dissections qui loupent en détails pour effacer le corps

Que l’oeil absorbé dans une fascination hypnotique

Tue la perspective du regard tel un phare qui sonderait plus loin que les rochers à ses pieds les manoeuvres lointaines d’abordages sabordés de paix hypothétiques 

Je bois la tasse et le goût est rance

Mais je garde en bouche refusant d’avaler.

Ma langue brûle  et mon palais s’anesthésie à tant de dégoût purulent

Telle une plaie infectée sur le corps du monde, diffuse, qui sans soins

Court à l’amputation de tout espoir d’y trouver une issue, Il n’y a plus de médecin.

Je veux cracher mais de ma bouche bée ne sort que du vent

Un courant d’air glacial qui s’accroche aux cimes des arbres morts.

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 14:42

Minuit passé, il faut se coucher

Parce que demain il faudra se lever

La cadence est réglée

Les heures cadrées

Mais mon corps tourne à l’envers

Du cadran hoquetant

De mon cerveau mongolfière

 

Quelque chose me tient en veille

Et je ne sais pas quoi

Il faut pourtant laisser le sommeil

Me bercer dans les rêves

Eparses de soif d’air


J’ai besoin d’une trêve

Un sas nocturne 

Où il n’y aurait que moi

Pour reprendre à l’espace

La place de penser

Libre de divaguer

Sur un temps qui délasse

Toute tension diurne


Ils dorment tous 

Et moi je pousse 

L’heure

Je prends ce qui reste de temps

Pour rassembler des petits bouts de moi

Eparpillés ça et là qu’ils n’ont même pas rangé

Avant d’aller se coucher

 

Je ne compte pas ce qu’ils prennent

Ca me plaît qu’ils me tiennent

A bout de souffle de leurs quelques bougies

Dont les flammes éclairent nos coeurs conquis

 

Toi, tu dors à côté, du repos du guerrier

Sage raison et bel abandon 

Qui même à sentir ma discrète échappée

Ne trouble pas de question ni de reproche déplacé

Mon besoin de marcher à minuit au salon.

 

C’est que quelque chose tient mes yeux 

A ce moment précieux

Un je ne sais quoi

De moi 

Respiré

Qui m’assure amusé

que je et je suis sont bien là.

 

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 14:36

Mois de juin

Mois des fins 

Quant après une année ou plus se termine quelques ateliers, il faut atterrir, amerrir, savoir y revenir.

Du départ des ateliers à projets couve en soute toute une expédition avec ou sans escale selon le temps, selon les aléas des paysages rencontrés.

Au fil des mois se tisse quelque chose, sous prétexte de pêcher mots et voix, gestes et tons, les personnalités au début si farouches et distantes, si timides concentrées se révèlent peu à peu, des fenêtres s’ouvrent, et quelques perles se libèrent du silence.

Mois de juin

Mois des fins

On s’est emmené jusqu’au bout, la terre est en vue, la navigation arrive à son terme, après ses coups de soleil, ses marées hautes et basses, ses tempêtes parfois, ses brumes opaques, l’équipe arrive au port avec sa cargaison, son spectacle. Exaltation de ce qui s’est construit avec le poids de chacun.

Mois de juin

Mois des fins

Quant vient l’heure de vérité, l’heure de la rencontre où chacun se livre à l’ouïe et aux yeux du public avec un aplomb répété teinté de cette si juste fragilité qui sublime l’ensemble !

Quant après cette heure de fête finale où, pleinement dans l’instant, tous profitent et se surpassent, ce petit moment qui parait une éternité pour lequel on s’est fait une montagne à grimper tous ces mois précédent, ce petit moment si furtif, passe, vite.

Une étincelle de vie.

Mois de juin

Mois des fins

Des au revoir pensant souvent adieu, mais l’adieu est trop sec, alors on se sourit dans les yeux, on se dit merci, et les mots s'effilochent et les mains se serrent avec ce quelque chose de précieux et de fort qui n’a pas besoin de mot justement, pour dire ce qui ponctue avec joie cette année ou plus, où l’on s’est croisé sur nos routes respectives.

Mois de juin

Mois des fins

Je retourne chez moi, la joie dans le coeur lourd.

Toutes ces personnes rencontrées, tous ces esprits, ces caractères, ces rêveurs, ces généreuses énergies que j’ai tenté de toucher du bout de mon élan à les emmener en voyage au pays des mots et du jeu, que j’ai tenté de tirer de leurs quotidiens pour en extraire quelques trésors bien enfouis, toutes ces personnes restent un temps ancrées dans ma mémoire, puis se transforment en une richesse immuable, celle de tous les possibles quand l’humain, au final, se révèle, se lève et respire enfin, envers et contre tout ce qui tendrait à le nier.

 


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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 14:24

Sur le mot «Azur(s)», ainsi tourne la ronde :

 

Gilbert écrit chez Jacques http://2yeux.blog.lemonde.fr  qui écrit chez Hélène  http://louisevs.blog.lemonde.fr/ elle même chez Franck http://quotiriens.blog.lemonde.fr/ qui est chez Elise http://mmesi.blogspot.fr/ hébergée chez Dominique  http://dom-a.blogspot.fr/ , Dominique que j’accueille ici avec joie !

Quant à ma proposition, elle est chez Gilbert http://gilbertpinnalebloggraphique.over-blog.com/

 

Et la boucle est bouclée !

 

 

 

« Une plaine indéfinie de betteraves m’isole du monde en une bonbonnière

 Second empire que peuplent ma belle-mère, ma femme et mes enfants. »

(Mauriac, lettre à Proust du 10 juillet 1921)

 

 

---

 

 

Autant dire qu’on avait fait le tour du propriétaire, sa verdure, ses bosquets et ses prés carrés.

 

« Tous les oiseaux sont des prophètes » répondit un jour — paraît-il — Olivier Messiaen (à celui qui s’était levé de bonne heure ?)


azurs-autrou (2)

azurs-autrou (3)

azurs-autrou (4)

 

 

Pour mieux les voir, il fut question d’agrandir une fenêtre, mais du point de vue architectural c’eût été une trahison. Aussi cette facilité fut écartée au profit d’une migration, solution plus respectueuse à défaut d’être aristocratique (car nous étions en temps de paix).

 

azurs-autrou (5)

 

 

— Avez-vous pensé aux commodités ?... interrogèrent quelques poètes égarés sur leurs voies pourtant bien parallèles.

— Évidemment, non, leur fut-il répondu, sinon à quoi bon ciseler ses journées, polir ses heures, tel un orfèvre achéménide. Que deviendrait le ciel de lit, si l’orage ne le mouchetait pas sitôt l’averse épandue. Quid des ombres, rais, murmures, azurs, et soupirs entendus ? Voudriez-vous qu’on abdiquât, à la manière de l’orant accroupi ? Mieux vaut mourir en vol. 

— Qui parle de mourir ?

— Vous.

(réponse cavalière, certes, mais nous n’avions pas de temps à perdre en mésintelligence)

 

photo-9

 

Ainsi a-t-on marché encore quelque temps ensemble. Il y avait du plaisir à vivre. Et puis, je crois me souvenir d’une déviation, une torsion, un accident de ce genre.

L’un de nous deux est resté seul.

Il a fallu s’employer à atténuer, autant que faire se peut, les soubresauts des terminaisons nerveuses. Dénouer les derniers mots.

 

Dans la cabane il y avait peut-être une autre fenêtre, avec vue.

 

fenetreavecvue

 

 

 

Prochaine ronde le 15 septembre...

 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 14:32

Comme un fil entre les fils 

Le tien se glisse entre les mailles du filet des sens

Et la tapisserie te contient.

Tu cherches à voir ce qu’elle dessine

Avoir le recul pour savoir où passer

Dessus ou dessous d’entre les fils

Dénouant les noeuds démêlant la pensée

En effluves et flux éparses à filer

 

Atteindre l’autre bout du monde

Sans quitter le bord du tien

 

Car ton île te scelle avec tant de plein de joies 

Même suceuse de temps s’abreuvant de ton chant  

Même écartant la barque de tes élans 

Tu lèves ton front solitaire

Telle une bergère

Tu respires l’air des crêtes

Sans quitter le troupeau que tu veilles.

Aucune abnégation ne pourra te résoudre

A tourner ton regard tel un névé sous le soleil d’été 

Alors tenant ton fil que tu noues à ton pieds

Tu passerelles avec les rêves et tu crées.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 10:15
Interprétation et échanges de textes et de photographies sur le mot "Frémissement", pour cette nouvelle ronde d'avril. La liste complète des 12 participants et des liens se trouve ci-dessous. Je remercie un promeneur http://2yeux.blog.lemonde.fr/ chez qui je propose un souvenir de "Frémissement de vie", et je suis très heureuse d'accueillir ici loin de la route sûre  http://louisevs.blog.lemonde.fr/ pour un petit bijou frémissant !

loin de la route sûre  http://louisevs.blog.lemonde.fr/  :

loin de la route sûre  http://louisevs.blog.lemonde.fr/ chez

Céline Gouel,  mesesquisses  http://mesesquisses.over-blog.com/ chez

 un promeneur  http://2yeux.blog.lemonde.fr/ chez

 cecile-r : http://cecile-r.over-blog.com/ chez

quotiriens  http://quotiriens.blog.lemonde.fr/ chez

versus anima :  http://staive-vestale.blogspot.fr/ chez

même si : http://mmesi.blogspot.fr/ chez

Dominique A. la distance au personnage : http://dom-a.blogspot.fr/ chez

Émaux et gemmes des mots que j'aime : http://wanagramme.blog.lemonde.fr/ chez

Gilbert Pinna : le blog graphique http://gilbertpinnalebloggraphique.over-blog.com/ chez

Dominique Boudou. Jacques Louvain  http://dominique-boudou.blogspot.fr/ chez

loin de la route sûre...

                                                         Ainsi tourne la ronde. Prochain rendez-vous le 15 juin

Ecriture Rose (1)

                           LR-DSC 8860

 

Sur la double-page détachée, l'enfant-scribe écrit. Ecrit ou plutôt dessine des lignes. Elle apprend. Et ce fut long d'écrire toutes ces pages. 

À l'école  on enseigne l'écriture. 

Mais en lettres détachées, rien ne court, à l'exception peut-être du O tracé d'un seul trait qui, 

si l'on s'applique, devient rond mais se ferme, forçant le crayon à se lever. 

Et elle s'applique à aligner les bâtons, droits ou penchés, les mots se forment. 

Son prénom, PAPA, et MAMAN. On épèle sans ânonner, en dessinant dans l'air 

avec le bout du doigt la forme des lettres. Le P, une barre droite avec une  boucle tout en haut,

le A, une montagne avec un trait droit, le M avec deux montagnes, et dans son prénom le i, cette barre droite avec un point qui lui fait comme un  chapeau. 

L'écriture devient  dessin et subjugation. Mais il faut aller plus vite et sur la feuille l'écriture, délaissant les mots familiers de l'univers familial, devient cursive pour raconter. 

Sur la feuille blanche de l'écriture rose on distingue les montagnes majuscules, les chapeaux ronds des i, les boucles à venir des e qu'elle ignore encore, les mots qui se séparent en retours à la ligne, les phrases, une histoire. 

Rose ou noire l'écriture court et remplit les pages blanches ou quadrillées, au feutre, au stylo, au crayon.

 

L'enfant-scribe  tend la feuille, confiant au lecteur le soin d'en déchiffrer le sens. 

La lecture devient l'histoire inventée de ce qui est écrit. 

Vous lisez une histoire, et elle s'émerveille de ce qu'elle a écrit, de ce que vous seul savez y lire. Mais ce que vous lisez, et qui vous émerveille, c'est le frémissement secret de la pensée et l'engagement dans la liturgie de l'écriture. 

C'est aussi le dévoilement de l'invention dans la lecture. 

Alors, on se souvient de l'écriture rose de Simon Hantaï.

 

 

LR-DSC 8863

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 13:53

Arrêtes

Arrêtes le poisson prit dans un filet

Le poison prit dans toute volonté

Arrêtes

Arrêtes fragiles restantes dans l’assiette

Figées sur l’absence

Le vide et rien sans mot

Le visage clos

 

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 13:43

Sans A


 

Si rien ne pousse 

Roule vers une cime

D’où l’on tend des rimes

Sur des fils dessus le vide.

 

Sans E

 

Pic pointu 

Un pouls bat 

Du sang froid

Frisson

Pulsion

Instant nu

 

Sans I

 

La chouette hulule 

Le vent mène son écho

Poussant vers mon front 

Le seul son perçant le néant du monde en arrêt

Quand tout dort sauf les forêts 

 

Sans O

 

Un reflet sur une nappe

Transparente le happe

Et les plis glissant en vagues

Créent une bulle sans teint

Et l’encercle à jamais

Dans une image abstraite

De sa pauvre et plate tête

Qui fuit le courant des autres

 

Sans U

 

Le rire résonne

Je cherche le coin

De ce plein 

De pleine vie

Espaces morts de ma mémoire

Mais je connais cette personne 

Et sans prévenir, le rire de loin se rapproche

Ma parole il se rit de moi et s'accroche

C’est le miens.


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Esquisses De Qui ?

  • Céline Gouel

Texte Libre

Quelqu’un de bien a dit « ce n’est pas le temps qui nous change, ce sont les gens et les événements qui nous rentrent dedans. »…
Parfois on se rentre vraiment dedans.
Après, tout dépend de l’impact,
Et du temps.