Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:03

Hissez haut !
Droit debout
Calme aux joues
Mon père, ce héros
Tend son ouïe au pianos

Il tient l'équilibre
sur une corde
Qui vibre et s'accorde,
Au gré des courants
D'un savoir faire,
Aux doigts habiles
Filant
Selon les airs.

Moi je suis spectatrice
De ses pas cadencés
Sans croche  -pieds
Double croche
Et plongée
Sous l'eau
Sans filets

Pêcheur de sons
Petits poissons
Polissons
Dresseur sans fouet
Ils les fait chanter
Du bout de sa clé

Lève les rails
Sourcils en pagaille
Regard de flèche
Et vole la mèche

Les portes claquent
le camion vaque
à ses occupations,
Tel un bateau vogue
A tout vent tout horizons.
Pour écouter les rivages
Mélodies et merveilles
Scrutant les coquillages
Aux harmonies sans pareil.

Dans les poches
Des trucs
Caducs
Des cloches
Des croches
Des aqueducs
Parer à toute panique
Même avec des élastiques
D'une corde malmenée
Ou d'une pédale débridée

Les marteaux peuvent frapper
Rien ne brisera l'accord
des touches et des cordes
Quand il y a mit son ouïe

Et si le tabouret grince
On le met sur roulettes
Si la scène est trop haute
On attrape une grue
Si la porte est trop basse
On la scie, et ça passe

Tout peut s'adapter aux vents
La voile et le temps
L'artiste et son style
Le style au piano
Les touches aux doigtés
Les énigmes aux caprices
Les caprices aux marées
Tant que le cap est gardé
Et le sol inchangé


L'excellence est aux virtuoses
Ce que la patience est à la juste dose
Moi ces osmoses
Me rendent toute chose


Il a la clé du graal
Pour ses cordes vitales

Clé de voûte,
Clé des champs,

Quand
A champ
La clé d'ut
siffle au vent
Qu'une cale
sous le pied
rend la lyre
décalée
Mais la lyre enchantée
Ne perd pas les pédales
Ni le camion ses rails
Tant que la pige
Dirige
Le chariot
Et les sangles
tiennent l'ensemble.
Enfin
A champs le corps gémit
D'un point de côté
Et prie la clé de sol
De retrouver ses pieds
Ainsi bien au sol
Le piano s'épanouit.

Le même refrain
Des années
Un même entrain

Interloqué
Par une malle kidnappée
Il se mit à songer
Aux arrêtes
Des crêtes
D'où la vue
Mérite d'être ému
Et d'écouter cet écho
Pour accorder son tempo

Mon père tend son ouïe aux oiseaux
Sur une feuille à carreaux
Trace les jours en couleurs
Pour des places au bonheur

Hissez haut !

Comment ramer sans perdre haleine
A bout de bras
Avoir le calme des baleines
Jamais fourbu
Tous ces trajets parcourus
Chapeau bas

J'aimerais bien apprendre
Son don d'ubiquité
Car de ses absences,
Par monts et par vaux,
Il ne nous a pas fait défaut

Nous reste
Des clés
pour accorder nos cordes
Reste
L'intégrité
Que nos choix s'y accordent
Le goût  du travail bien fait
L'humilité
Le courage, la constance
Une discrète présence


Voici
Le regard admiratif d'un enfant
Moi (pour ne pas dire nous trois)
Qui devant ces valeurs
Se trouve embarrassé
D'une belle allégresse
Entre force et sagesse
Les élans ont des ailes
Face à cet insupportable modèle
Tant on l'aimerait suivre

Mais je ne suis pas objective...

Partager cet article

Repost 0
Published by Céline Gouel
commenter cet article

commentaires

Esquisses De Qui ?

  • Céline Gouel

Texte Libre

Quelqu’un de bien a dit « ce n’est pas le temps qui nous change, ce sont les gens et les événements qui nous rentrent dedans. »…
Parfois on se rentre vraiment dedans.
Après, tout dépend de l’impact,
Et du temps.